« L’absence des observateurs de l’Union Européenne ne doit pas être dramatisée », Corneille NANGAA

Mis en ligne Vendredi 7 décembre 2018 - 13:21
Le patron de la Ceni, Corneille Nangaa

Le Président de la Commission électorale nationale indépendante, (CENI), Corneille NANGAA a donné les raisons concernant l’absence des observateurs de l’Union Européenne, (UE), durant les élections du 23  décembre prochain.

Il s’est expliqué au cours d’une interview avec les professionnels des médias, jeudi 06 décembre 2018, à Pullman Hôtel de Kinshasa. D’après Corneille NANGAA, la centrale électorale n’a rien à cacher à qui que ce soit, concernant le processus électoral en cours en République Démocratique du Congo.

« La crédibilité et la certification des élections ne doivent dépendre que des congolais eux-mêmes en tant que témoins, observateurs ou électeurs », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’absence des observateurs de l’Union Européenne ne doit pas être dramatisée. « La CENI avait aussi introduit une demande d’observation des élections françaises en mai 2017 qui ont couronné Emmanuel Macron, cela lui avait été refusée », a rappelé le patron de la CENI.

Pour Corneille NANGAA, cette absence est entièrement la faute des observateurs de l’UE sur leur institution (la Commission). « La question de l’invitation des observateurs avait été abordée avec le représentant de l’UE en RDC, Bart OUVRY, en septembre, celui-ci avait dit qu’il était tard. Il avait déclaré qu’il fallait envoyer l’invitation 6 mois plus tôt», a-t-il explique.

Quant à lui de poursuivre, Il était donc trop tard pour qu’une telle mission soit constituée et soit déployée en RDC à moins de 3 mois des élections, d’après les standards européens. Cependant le diplomate européen lui avait adressé une autre demande en novembre dans laquelle, il voulait que l’UE fasse un suivi diplomatique des élections. « Cette notion du suivi diplomatique des élections se bute à un obstacle juridique », avait répondu le Président de la centrale électorale.

Par ailleurs, Corneille NANGAA a renseigné que cette absence est également causé par des aspects de souveraineté nationale qui relèvent du gouvernement.

« Je ne vois pas l’opportunité d’inviter une mission d’observation de l’UE. Chaque pays a ses lois et invite qui il veut. C’est le gouvernement qui garantit la sécurité notamment des étrangers, c’est encore lui qui délivre des visas, ces questions ne relèvent pas de la CENI. Même si les invitations avaient été lancées, en l’absence de l’implication du gouvernement, cela n’aurait pas été possible », a-t-il fait savoir.

Pour conclure, il s'est interrogé pour savoir pourquoi les observateurs européens ne sont pas allés au Rwanda, avant de rassurer les congolais que les élections se tiendront belles et bien le 23 décembre. Car selon lui, le défi logistique du déploiement du matériel a été surmonté sans appui des étrangers.