Entretien : Joseph KABILA et Colette BRAECKMAN

Mis en ligne Mardi 18 décembre 2018 - 17:52
Interview JKK avec Le Soir

A propos de l'organisation des élections :

« Nous ne sommes pas mendiants, si nous avons pris l’option d’organiser les élections nous-mêmes ; ce qui nous coute cher, c’est une question d’indépendance, de souveraineté ».

Concernant les sanctions de l'Union Européenne :

« Ces sanctions sont illégales, injustes, arbitraires et orientées politiquement… quelques pays d’Europe ne peuvent d’arroger le droit de nous sanctionner ainsi, dans quel monde vivons-nous, où ceux qui ont la force ou croient l’avoir, peuvent s’arroger un tel droit ? Moi, je fais pleinement confiance à tous ceux qui ont été sanctionnés et surtout les officiers. Je sais qu’ils défendent l’Etat de droit. On me dit que si tout se passe bien lors des élections, les sanctions pourraient être levées ; mais moi je m’en fous, pour les élections tout va bien se passer et cela ne dépendra pas des sanctions. Ce seront les meilleures élections que ce pays aura connues depuis 1959. Je crois que nous aurons été du bon côté de l’histoire ; le Congo ne sera jamais à genoux, il sera toujours debout ».

Les relations entre la RDC et la Belgique :

« Le problème avec les Belges, c’est ce que j’appelle l’état d’esprit. Il y a des gens qui, en Belgique qui croient que le Congo est encore une colonie, que les belges doivent toujours avoir de l’ascendance sur les congolais. Cela fonctionnait peut être avec nos pères qui ne sont plus là ; mais avec nous, les enfants de ceux-là qui ont combattu le colonialisme dans ce pays, c’est inadmissible, cela ne marche pas ! Le peuple congolais n’acceptera jamais ! Certes, les belges peuvent recruter 10 ou 20 congolais pour qu’il soit leurs pions, mais ils n’auront pas le soutien des autres. Vous me donnez l’occasion de le dire, ce qui ne va pas avec les belges, c’est une certaine animosité vis-à-vis de notre peuple ; cette tendance d’humilier le peuple congolais à travers ses dirigeants et cela nous ne l’accepterons plus jamais. Qu’est-ce qui nous divise avec la Belgique ? Je considère que nous sommes des hommes libres, que le Congo est un pays indépendant et que nous n’avons pas de compte à rendre à un Ministre des Affaires Etrangères qui se trouve en Belgique ».